Un accompagnement tenu avec soin, une clarté sans hâte

Signification du rêve Rêver de serpent

Le serpent en rêve est lu par les interprètes, avant tout, comme un ennemi, et sa taille, sa couleur, sa place et son comportement disent de quel ennemi il s'agit. Un grand serpent noir est un ennemi puissant ; un petit serpent ou un serpent pâle, un ennemi faible dont le mal est léger.

Un serpent dans la maison est un ennemi parmi les gens de la maison ou ses proches ; un serpent dans un jardin ou un champ, quelqu'un qui convoite ce que possède le rêveur. Tuer le serpent, c'est la victoire sur l'ennemi et la protection contre son mal ; être mordu, c'est un tort qui atteint le rêveur de sa part, à la mesure de la morsure ; un serpent qui fuit est un ennemi qui se retire.

Un serpent qui parle avec douceur, ou que le rêveur tient sans crainte, c'est un profit tiré d'un ennemi ou un secret appris. Le Coran raconte que le bâton de Moïse devint serpent devant Pharaon et renversa la tromperie : un serpent qui obéit au rêveur est une autorité et une preuve entre ses mains.

Mais de nombreux serpents dans une maison, un serpent qui revient nuit après nuit, ou des serpents accompagnés d'une lourdeur dans le foyer et de querelles sans cause se lisent autrement : la tradition y reconnaît le mauvais œil, l'envie ou un sihr à l'œuvre, que discerne celui dont c'est le métier et que la ruqya lève, sans jamais se fonder sur un simple soupçon ni servir à accuser quiconque.

Le serpent tué appelle la louange. Celui qui vous a glacé appelle la protection : demandez-la à Dieu, récitez al-Falaq et an-Nâs, et ne racontez ce rêve à personne.

Rêver de serpent : la lecture psychologique de Freud et Jung

Freud range le serpent parmi les symboles masculins les plus constants du rêve. Dans L'Interprétation des rêves, l'animal qui se dresse et se glisse partout figure le désir sexuel, et l'effroi qu'il inspire dit le conflit entre ce désir et ce que la conscience refuse d'admettre. Un serpent qui poursuit le rêveur, dans cette lecture, c'est une pulsion tenue à distance et qui insiste d'autant plus qu'on la fuit.

Jung refuse de réduire le serpent à un seul sens. Il y voit l'image la plus ancienne de l'inconscient instinctif, cette part de la psyché qui vit à sang froid sous la pensée. Le serpent qui mue figure la transformation, l'ouroboros des alchimistes, qui se mord la queue, la totalité retrouvée, et dans son séminaire de 1932 sur la kundalini, Jung commente le serpent enroulé qui s'éveille et monte le long de la colonne. Un rêve de serpent pose alors deux questions : quelle force a été laissée dans l'ombre, et qu'est-ce qui demande à changer de peau ?

Rêver de serpent dans la tradition musulmane (Ibn Sirin et al-Nabulsi)

Ibn Sirin, l'interprète de Bassora mort au début du huitième siècle, et après lui Abd al-Ghani al-Nabulsi, savant de Damas mort en 1731, posent la règle que suit toute la tradition : le serpent est un ennemi. Son venin est la force de cet ennemi, sa taille sa puissance, et le lieu où il paraît dit d'où il vient. Posséder des serpents et les conduire sans crainte, c'est une autorité, des biens et un rang.

Le Coran ne met aucun serpent dans le jardin d'Adam : c'est Iblis qui murmure. Le serpent reste donc, dans cette tradition, un adversaire de ce monde, que l'on combat et que l'on vainc. La sunna rapporte aussi que certains serpents des maisons sont des djinns, que l'on avertit avant de les chasser. Un serpent qui habite la maison en rêve, qui va et vient sans mordre, se lit ainsi comme une présence de l'invisible dans le foyer, à laquelle répondent la sourate al-Baqara récitée dans la maison et la ruqya.

Signification biblique du serpent en rêve

Dans la Bible, le serpent ouvre l'histoire humaine. Au jardin d'Éden, il est « le plus rusé de tous les animaux des champs » (Genèse 3), celui qui retourne la parole de Dieu pour égarer. En rêve, le serpent biblique est donc d'abord une tentation, une voix qui flatte, et le serpent qui parle, un avertissement contre une parole trompeuse.

Mais la Bible connaît aussi le serpent qui sauve : dans le désert, Moïse élève un serpent d'airain et ceux qui le regardent vivent (Nombres 21), image que Jésus reprend pour annoncer sa propre élévation (Jean 3). Il demande d'être « prudents comme les serpents et simples comme les colombes » (Matthieu 10), et Paul, mordu par une vipère à Malte, la secoue dans le feu sans en souffrir (Actes 28). Un serpent dominé ou écrasé en rêve est la victoire de la foi sur le mal ; un serpent dressé qui n'attaque pas, un appel à la prudence.

Rêver d'un serpent qui mord

La morsure est le tort qui atteint le rêveur de la part d'un ennemi, et l'endroit mordu dit ce que ce tort touche. À la main, c'est le travail et le gain ; au pied, une démarche entravée, un chemin que quelqu'un veut barrer ; au visage ou au cou, l'honneur et la réputation, souvent par la médisance. Une morsure sans douleur est un tort léger qui passe, et un venin qui se répand, une parole hostile qui circule et qu'il faut arrêter tôt. Voir le serpent mordre un proche, c'est un ennemi qui vise ce proche, et le rêve invite à l'entourer de prière.

Rêver de tuer un serpent ou de voir un serpent mort

Tuer un serpent est l'une des visions les plus heureuses de ce chapitre : l'adversaire vaincu et son mal éteint. Le couper en deux, c'est une victoire nette ; l'écraser sous le pied, une domination sans appel ; le tuer après une longue lutte, un succès qui coûte un effort. Un serpent tué qui se relève est un adversaire qui revient à la charge, et le rêve conseille de ne pas baisser la garde trop tôt. Trouver un serpent déjà mort, sans l'avoir combattu, c'est un danger que Dieu a écarté avant même que le rêveur en ait senti le poids.

Rêver de serpent dans la maison ou dans le lit

Dans la maison, le serpent désigne un adversaire de l'entourage proche, et le reste de la scène précise de quel côté. Dans la cuisine, il touche la subsistance du foyer ; sur le seuil, il guette ce qui entre et ce qui sort ; un serpent qui quitte la maison sans revenir, c'est un ennemi qui s'en va de lui-même.

Dans le lit, le serpent touche le couple et l'intimité : quelqu'un cherche à se glisser entre les époux, par la parole ou par l'envie, ou une lourdeur s'est installée dans la chambre. Le rêve ne désigne jamais un coupable : il appelle la protection du foyer, la récitation d'al-Baqara et la vigilance.

Rêver de serpent dans l'eau ou de beaucoup de serpents

Le serpent qui nage se lit selon l'eau qui le porte. Dans une eau claire, c'est un adversaire visible, que l'on voit venir ; dans une eau trouble, un ennemi caché dans une affaire de subsistance ou chez un associé. Pour la lecture jungienne, c'est l'image même de l'instinct qui remonte des profondeurs.

Beaucoup de serpents hors de la maison sont une troupe d'adversaires ou un milieu hostile ; marcher parmi eux sans être mordu, c'est le traverser en sûreté sous la protection de Dieu. Un nid de serpents, c'est un complot en préparation, et de petits serpents qui grouillent, de petits soucis qui se multiplient faute d'avoir été réglés à temps.

Rêver de serpent selon la couleur : noir, blanc, vert, jaune, rouge

Le serpent noir est l'ennemi le plus fort, puissant et rancunier, et le vaincre est une grande victoire. Le serpent blanc est un ennemi qui se cache sous une apparence de pureté ou d'amitié, et pour beaucoup d'interprètes un adversaire faible dont le mal reste léger. Le serpent jaune porte l'envie et la jalousie. Le serpent vert se lit plus doucement : un adversaire dont le mal se retourne en profit, ou une affaire nouvelle qui pousse comme l'herbe. Le serpent rouge, c'est la colère ou une querelle qui s'enflamme vite et retombe vite ; le serpent doré, une séduction qui éblouit et dont il faut vérifier la valeur.

Rêver de serpent pour une femme

Pour une femme, le serpent est le plus souvent une rivale ou une personne envieuse de son entourage, qui parle doucement et blesse en secret, ou un homme qui s'approche avec de mauvaises intentions. Un serpent enroulé autour d'elle, c'est une emprise qui serre et qu'il est temps de desserrer ; le tuer ou le chasser, c'est retrouver sa liberté et l'emporter sur ceux qui la jalousent.

Rêver de serpent pour une femme enceinte

Pour une femme enceinte, le serpent dit d'abord l'envie qui entoure ce qu'elle porte : le mauvais œil, les regards, les paroles. Le tuer, le voir fuir ou mourir, c'est la grossesse gardée et l'envie repoussée ; être mordue, une jalousie à laquelle répondent al-Falaq, an-Nâs et la ruqya. La lecture populaire du monde arabe voit dans un serpent paisible l'annonce d'un garçon ; les interprètes, eux, y lisent la garde de ce qui est porté.

Rêver de serpent pour un homme

Pour un homme, le serpent est un rival dans le travail, un concurrent dans les affaires ou un adversaire qui convoite ses biens. Le saisir par la tête, c'est maîtriser cet adversaire ; un serpent enroulé autour du cou, une dette ou une obligation qui pèse ; un serpent sur le chemin, un obstacle placé par quelqu'un qui convoite sa place. Freud y lisait la force virile elle-même, et l'homme qui fuit le serpent fuit alors une part de lui-même.

Rêver de serpent pour une personne célibataire

Pour une personne célibataire, le serpent annonce souvent quelqu'un qui approche avec charme et double intention. Un serpent qui ne mord pas est un prétendant dont la sincérité se vérifie avec le temps ; un serpent tué ou chassé, une union mal engagée dont on se libère à temps. Avant tout engagement, ce rêve se complète par l'istikhara, qui demande à Dieu de choisir le meilleur.

Questions fréquentes

Est-ce mauvais signe de rêver de serpent ?

Pas en soi : le serpent montre un ennemi, et le reste du rêve dit si cet ennemi l'emporte ou s'il est vaincu. Le tuer, le voir fuir ou le tenir sans crainte sont des visions heureuses.

Que signifie rêver d'un serpent qui vous poursuit ?

C'est un adversaire ou une pression qui talonne le rêveur, et lui échapper, c'est la sécurité. Pour Freud comme pour Jung, c'est aussi une force intérieure que l'on fuit.

Que veut dire rêver de serpent en islam ?

Pour Ibn Sirin et al-Nabulsi, le serpent est un ennemi dont la taille, le venin et le lieu disent la force et l'origine. Le tuer est la victoire, être mordu un tort à la mesure de la morsure.

Que signifie rêver d'un serpent noir ?

C'est l'ennemi le plus puissant. Le vaincre ou le voir fuir est une grande victoire et une protection contre son mal.

Que faire après un rêve de serpent qui fait peur ?

Demandez refuge auprès de Dieu, crachotez légèrement trois fois à votre gauche, changez de côté, récitez al-Falaq et an-Nâs, et ne racontez ce rêve à personne.

Rêver d'un serpent mort, est-ce positif ?

Oui : c'est un danger écarté et un ennemi dont le mal s'est éteint, souvent sans effort de la part du rêveur. On en remercie Dieu.

Sources

  • Le Coran
  • Le livre des songes attribué à Muhammad Ibn Sirin
  • Abd al-Ghani al-Nabulsi, Ta'tir al-Anam fi Ta'bir al-Manam
  • Sigmund Freud, L'Interprétation des rêves (1900)
  • Les écrits de Carl Gustav Jung sur les rêves et les symboles
  • La Bible (traduction Louis Segond)

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